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Comment franchir le pas de l’abandon des manuels ?

    Le jour où je me suis dit « c’est décidé, je ne prends pas de manuel », j’ai ressenti une vraie légèreté, comme si je redécouvrais un métier à la fois scientifique et artisanal. J’avais déjà exploré d’autres possibles avec la pédagogie Freinet, mais avec le temps, j’avais fini par en faire une philosophie figée, presque trahie. J’ai compris qu’il fallait changer, faire plus avec moins,  avec rien, même. Alors j’ai tout abandonné : les cahiers, les manuels, les systèmes de comportement.

    J’ai tout abandonné, ou presque, mais sans renier. Ce n’étaient pas des objets à fuir, mais à dépasser. Et l’abandon des manuels, en particulier, entraîne des conséquences très concrètes.
    C’est ce que je vais essayer d’exposer maintenant.

    Les conséquences sont très concrètes : le temps de préparation ne s’est pas allongé, il s’est transformé. Pourquoi ? Parce que tout, dans une vie d’adulte, peut devenir source d’apprentissage. Le regard change : une visite au musée, un bricolage, une discussion, un rêve… tout peut nourrir l’inspiration pédagogique.

    Les relations avec les élèves évoluent aussi : on n’est plus dans la gestion du temps, mais dans une présence réelle. Avec les manuels, il faut souvent un support pour chaque séance, et des photocopies à n’en plus finir — car il ne faut pas se mentir, presque tout le monde photocopie les pages faute de moyens professionnels adaptés. C’est un temps qui n’est utile ni aux élèves, ni à soi.

    Comme pour la pédagogie Freinet, qui prône également les écrits vrais et l’abandon des manuels, le principal est de se lancer.

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