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La procédure sert-elle la situation, ou la situation sert-elle la procédure ?

Quand la procédure empire ce qu’elle prétend résoudre

Déployé partout depuis 2023, le protocole pHARe promet une réponse structurée au harcèlement. Sur le terrain, il produit souvent l’effet inverse : il administrativise des situations qui auraient besoin d’humain.

1. Quand la machine s’emballe

La moindre tension devient un “cas”.
Le protocole s’active, les fiches s’empilent, les rôles se figent.
Ce qui aurait pu se régler par une médiation simple devient une affaire institutionnelle.
On transforme des élèves en dossiers, et des professionnels en opérateurs de procédure.

2. Un outil qui protège surtout l’institution

Dans les faits, pHARe sert souvent à gérer la pression des familles plus qu’à aider les élèves.
On suit les étapes, on respecte les délais, on coche les cases.
La situation réelle passe derrière la traçabilité.
Quand un outil conçu pour protéger devient un outil pour rassurer, c’est l’institution qui se protège elle-même.

3. La “préoccupation partagée”, vidée de son sens

Pensée pour responsabiliser sans accuser, la méthode ne fonctionne que si le cadre est sincère.
Utilisée comme passage obligé, elle devient une mise en scène.
Les chercheurs le disent : mal formés, mal outillés, les adultes la rendent inefficace.
Et scientifiquement, son efficacité reste fragile.

4. Le vrai problème

Ces dérives ne sont pas des accidents : elles révèlent un protocole conçu autant pour l’institution que pour les élèves.
Malgré les millions investis, le harcèlement touche toujours des centaines de milliers d’enfants.
L’empilement de dispositifs ne remplace jamais un regard humain.

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